Registre courant et soutenu en anglais : demandes, put off et postpone
Nina doit déplacer une réunion et fait la même demande deux fois : à un collègue, puis à une cliente. Dans cette leçon, deux réglages indépendants séparent les versions : à quel point on adoucit la demande et à quel point le mot est courant. La bonne version est celle qui convient à la personne et à la situation, pas la plus soutenue.
Deux points de départ : could et if
Deux points portent cette leçon. « Could you send me the figures today? » montre que « could » rend une demande plus délicate que « can ». « She asked if we could finish by noon » montre un « if » d’interrogation indirecte, comme le « si » de « elle a demandé si », et non un « if » de condition. Après ce « if », l’ordre des mots est celui d’une affirmation : « we could », pas « could we ».
Could you send me the figures today?
She asked if we could finish by noon.
Trois verbes de cette leçon
« Put off » et « postpone » signifient « reporter » : déplacer à plus tard quelque chose de prévu. Des deux, « put off » est plus courant et « postpone » plus soutenu. « Wonder » veut dire « se demander ».
- put offreporter
- postponereporter
- wonderse demander
Avec un collègue : la version rapide
Nina parle à Tom, avec qui elle travaille tous les jours, et demande directement, avec « can we » et « put off ». Tom répond « Till when? » : « till » est un « until » plus familier. Entre collègues proches, cette franchise n’a rien d’impoli.
- A
Tom, can we put off Thursday's meeting? The report isn't ready.
Tom, on peut reporter la réunion de jeudi ? Le rapport n'est pas prêt.
- B
Sure. Till when?
- A
Monday, if that's OK with you.
- B
Fine by me. I'll tell the others.
Avec une cliente : la même demande, avec plus de distance
La demande est la même, mais Nina laisse à Mme Reed plus de place pour refuser : « can we » devient « I was wondering if we could », et « put off » devient « postpone ». La conversation reste naturelle, avec des contractions comme « isn’t » et « Monday’s ». Mme Reed accepte sous condition, avec « as long as » (du moment que). En français, le vouvoiement marque déjà la distance ; en anglais, « you » sert à tout le monde, et la distance doit passer par d’autres choix.
- A
Good morning, Ms Reed. I was wondering if we could postpone Thursday's meeting.
Bonjour, Madame Reed. Je me demandais si nous pourrions reporter la réunion de jeudi.
- B
I see. Is there a problem?
- A
The report isn't quite ready yet. Would Monday be possible?
Le rapport n'est pas tout à fait prêt. Lundi serait-il possible ?
- B
Monday's fine, as long as we can finish by noon.
- A
Of course. I'll send a new invitation this morning.
Deux réglages indépendants
Écoutez les quatre versions. Le premier réglage est l’adoucissement : « Can we…? » demande directement, « I was wondering if we could… » laisse plus de place à un refus. Le second est le mot : « put off » est plus courant, « postpone » plus soutenu. L’un n’impose pas l’autre : « I was wondering if we could put it off » est doux et courant, et « Can we postpone it? » est direct et plus soutenu.
- familier
Can we put it off?
Can we postpone it?
I was wondering if we could put it off.
- soutenu
I was wondering if we could postpone it.
Comment fonctionne « I was wondering if… »
La formule correspond à « je me demandais si… », et le français fait le même détour : dans une demande, l’imparfait comme « was » ne parle pas du passé, il enlève de la pression. Après « if » vient l’ordre de l’affirmation : « if we could postpone », jamais « if could we postpone ». Pour demander, le plus fréquent est « could » + base verbale, mais une autre affirmation est possible, comme « if you’re free on Friday ». Comme c’est une affirmation, elle se termine d’ordinaire par un point à l’écrit, et l’interlocuteur y répond pourtant comme à une demande. La formule n’est pas réservée aux situations formelles : entre amis, elle convient bien à un grand service, comme aider à déménager.
I was wondering if subject could + base verb, or another statement
I was wondering if we could postpone it.
I was wondering if you could help me with the move on Saturday.
Je me demandais si tu pouvais m'aider pour le déménagement samedi.
I was wondering if you're free on Friday.
La place de l’objet : put off et postpone
« Put off » a deux parties. Avec un nom, les deux ordres fonctionnent : « put off the meeting » ou « put the meeting off ». Avec un pronom, celui-ci se place entre les deux : « put it off », jamais « put off it ». « Postpone » est un seul mot, donc l’objet vient juste après : « postponed the meeting », « postponed it ». Au passé, « put » ne change pas et « postpone » devient « postponed ». Les deux acceptent « until » pour donner la nouvelle date.
We put off the meeting until Friday.
We put the meeting off until Friday.
We put it off until Friday.
We postponed the meeting until Friday.
We postponed it until Friday.
Plus soutenu ne veut pas dire meilleur
Chaque version convient à une relation. Avec un ami, « I was wondering if we could postpone pizza night » sonne distant, ou comme une plaisanterie ; « Can we put off pizza night? » sonne normal. La demande directe a aussi sa place : les mains prises, « Can you open the door? » est rapide et adapté. Choisissez selon la personne, la relation et l’urgence.
I was wondering if we could postpone pizza night.
Can we put off pizza night?
Can you open the door? My hands are full.
Tous les verbes à particule ne sont pas familiers
« Postpone » est plus soutenu que « put off », mais cela vaut pour cette paire, pas pour tous les verbes à particule. « Please fill out the attached form » et « We look forward to hearing from you » sont des phrases de messages formels, avec des verbes en plusieurs mots. « Fill out » est plus fréquent aux États-Unis ; au Royaume-Uni, on dit plutôt « fill in ». « Put off » lui-même se trouve dans des textes professionnels. Jugez chaque expression à son usage, pas à la forme du verbe.
Please fill out the attached form.
We look forward to hearing from you.
À reconnaître : expressions régionales
Ces phrases sont seulement à reconnaître. « Cheers », au sens de « merci », est typique de l’anglais britannique et australien. « Let’s table this until next week » est un usage américain : remettre le sujet à plus tard. En anglais britannique, « table » signifie plutôt le contraire : présenter un sujet pour discussion. Si l’expression peut prêter à confusion, vérifiez ce que la personne a voulu dire.
Cheers for the report, Tom.
Let's table this until next week.
À vous : réécrivez les demandes
Essayez avant d’écouter chaque réponse. D’abord, adoucissez « Can you send me the figures today? » pour quelqu’un avec qui vous voulez plus de distance, en commençant par « I was wondering if you could… ». Ensuite, transformez la demande de Nina à Tom en début d’e-mail à Mme Reed : commencez par « Dear Ms Reed, », gardez la même formule, remplacez « put off » par « postpone » et donnez la nouvelle date avec « until Monday ». Le rapport peut attendre : un e-mail peut donner la raison après la demande. Comparez avec la deuxième et la quatrième phrases.
Can you send me the figures today?
I was wondering if you could send me the figures today.
Je me demandais si vous pourriez m'envoyer les chiffres aujourd'hui.
Tom, can we put off Thursday's meeting? The report isn't ready.
Tom, on peut reporter la réunion de jeudi ? Le rapport n'est pas prêt.
Dear Ms Reed, I was wondering if we could postpone Thursday's meeting until Monday.
Madame Reed, je me demandais si nous pourrions reporter la réunion de jeudi à lundi.
Résumé
Avant de demander, pensez à la personne qui écoute ou lit et à la situation. Réglez ensuite deux points : combien adoucir (« Can we…? » ou « I was wondering if we could… ») et quel mot choisir (« put off » ou « postpone »). Les deux extrémités sont correctes ; la meilleure est celle qui convient à cette personne.
- familier
Can we put it off?
- soutenu
I was wondering if we could postpone it.