Registre courant et soutenu en anglais : demandes, put off et postpone

Niveau B2

Registre courant et soutenu en anglais : demandes, put off et postpone

Nina doit déplacer une réunion et fait la même demande deux fois : à un collègue, puis à une cliente. Dans cette leçon, deux réglages indépendants séparent les versions : à quel point on adoucit la demande et à quel point le mot est courant. La bonne version est celle qui convient à la personne et à la situation, pas la plus soutenue.

Deux points de départ : could et if

Deux points portent cette leçon. « Could you send me the figures today? » montre que « could » rend une demande plus délicate que « can ». « She asked if we could finish by noon » montre un « if » d’interrogation indirecte, comme le « si » de « elle a demandé si », et non un « if » de condition. Après ce « if », l’ordre des mots est celui d’une affirmation : « we could », pas « could we ».

Trois verbes de cette leçon

« Put off » et « postpone » signifient « reporter » : déplacer à plus tard quelque chose de prévu. Des deux, « put off » est plus courant et « postpone » plus soutenu. « Wonder » veut dire « se demander ».

Avec un collègue : la version rapide

Nina parle à Tom, avec qui elle travaille tous les jours, et demande directement, avec « can we » et « put off ». Tom répond « Till when? » : « till » est un « until » plus familier. Entre collègues proches, cette franchise n’a rien d’impoli.

Avec une cliente : la même demande, avec plus de distance

La demande est la même, mais Nina laisse à Mme Reed plus de place pour refuser : « can we » devient « I was wondering if we could », et « put off » devient « postpone ». La conversation reste naturelle, avec des contractions comme « isn’t » et « Monday’s ». Mme Reed accepte sous condition, avec « as long as » (du moment que). En français, le vouvoiement marque déjà la distance ; en anglais, « you » sert à tout le monde, et la distance doit passer par d’autres choix.

Deux réglages indépendants

Écoutez les quatre versions. Le premier réglage est l’adoucissement : « Can we…? » demande directement, « I was wondering if we could… » laisse plus de place à un refus. Le second est le mot : « put off » est plus courant, « postpone » plus soutenu. L’un n’impose pas l’autre : « I was wondering if we could put it off » est doux et courant, et « Can we postpone it? » est direct et plus soutenu.

Comment fonctionne « I was wondering if… »

La formule correspond à « je me demandais si… », et le français fait le même détour : dans une demande, l’imparfait comme « was » ne parle pas du passé, il enlève de la pression. Après « if » vient l’ordre de l’affirmation : « if we could postpone », jamais « if could we postpone ». Pour demander, le plus fréquent est « could » + base verbale, mais une autre affirmation est possible, comme « if you’re free on Friday ». Comme c’est une affirmation, elle se termine d’ordinaire par un point à l’écrit, et l’interlocuteur y répond pourtant comme à une demande. La formule n’est pas réservée aux situations formelles : entre amis, elle convient bien à un grand service, comme aider à déménager.

I was wondering if subject could + base verb, or another statement

La place de l’objet : put off et postpone

« Put off » a deux parties. Avec un nom, les deux ordres fonctionnent : « put off the meeting » ou « put the meeting off ». Avec un pronom, celui-ci se place entre les deux : « put it off », jamais « put off it ». « Postpone » est un seul mot, donc l’objet vient juste après : « postponed the meeting », « postponed it ». Au passé, « put » ne change pas et « postpone » devient « postponed ». Les deux acceptent « until » pour donner la nouvelle date.

Plus soutenu ne veut pas dire meilleur

Chaque version convient à une relation. Avec un ami, « I was wondering if we could postpone pizza night » sonne distant, ou comme une plaisanterie ; « Can we put off pizza night? » sonne normal. La demande directe a aussi sa place : les mains prises, « Can you open the door? » est rapide et adapté. Choisissez selon la personne, la relation et l’urgence.

Tous les verbes à particule ne sont pas familiers

« Postpone » est plus soutenu que « put off », mais cela vaut pour cette paire, pas pour tous les verbes à particule. « Please fill out the attached form » et « We look forward to hearing from you » sont des phrases de messages formels, avec des verbes en plusieurs mots. « Fill out » est plus fréquent aux États-Unis ; au Royaume-Uni, on dit plutôt « fill in ». « Put off » lui-même se trouve dans des textes professionnels. Jugez chaque expression à son usage, pas à la forme du verbe.

À reconnaître : expressions régionales

Ces phrases sont seulement à reconnaître. « Cheers », au sens de « merci », est typique de l’anglais britannique et australien. « Let’s table this until next week » est un usage américain : remettre le sujet à plus tard. En anglais britannique, « table » signifie plutôt le contraire : présenter un sujet pour discussion. Si l’expression peut prêter à confusion, vérifiez ce que la personne a voulu dire.

À vous : réécrivez les demandes

Essayez avant d’écouter chaque réponse. D’abord, adoucissez « Can you send me the figures today? » pour quelqu’un avec qui vous voulez plus de distance, en commençant par « I was wondering if you could… ». Ensuite, transformez la demande de Nina à Tom en début d’e-mail à Mme Reed : commencez par « Dear Ms Reed, », gardez la même formule, remplacez « put off » par « postpone » et donnez la nouvelle date avec « until Monday ». Le rapport peut attendre : un e-mail peut donner la raison après la demande. Comparez avec la deuxième et la quatrième phrases.

Résumé

Avant de demander, pensez à la personne qui écoute ou lit et à la situation. Réglez ensuite deux points : combien adoucir (« Can we…? » ou « I was wondering if we could… ») et quel mot choisir (« put off » ou « postpone »). Les deux extrémités sont correctes ; la meilleure est celle qui convient à cette personne.

Leçons suivantes